5 signes que vous êtes déjà Business Analyst (sans le savoir)
« Je ne suis pas Business Analyst… mais je fais déjà tout ça. »
C’est une phrase que j’entends très souvent lorsque j’échange avec des chefs de projet, des Product Owners, des consultants, des profils métiers, parfois même avec des managers expérimentés.
Et ce n’est jamais anodin.
Car la Business Analyse n’est pas d’abord un intitulé de poste.
C’est une posture professionnelle, souvent exercée bien avant d’être nommée, reconnue ou formalisée.
Pourquoi cette confusion ?
Parce que beaucoup de professionnels recueillent déjà les besoins, clarifient des problématiques complexes et sécurisent des décisions… sans jamais se définir comme Business Analyst.
Quoi exactement ?
Recueillir les besoins, clarifier les enjeux, structurer les décisions et éviter les malentendus coûteux.
Qui est concerné ?
Des personnes déjà au cœur des projets, mais sans reconnaissance formelle de ce rôle.
Quand s’en rend-on compte ?
Souvent trop tard, lorsque les projets ont déjà commencé à dériver.
C’est précisément cette question de posture et de légitimité que je développe dans la vidéo publiée cette semaine sur la chaîne BoBA, consacrée à la reconversion et au rôle réel du Business Analyst.
1. Vous passez votre temps à clarifier ce que les autres pensent évident
Un besoin est exprimé en réunion.
Tout le monde acquiesce.
La discussion avance.
Et pourtant, quelque chose vous dérange.
Les mots sont là, mais pas la compréhension commune.
Certaines hypothèses restent implicites.
Le périmètre est flou, sans être assumé comme tel.
Alors vous posez des questions. Pas pour ralentir le projet, mais pour éviter une erreur future.
Vous cherchez à distinguer la demande exprimée du besoin réel, et la solution imaginée du problème à résoudre.
C’est exactement ce que recouvre le recueil des besoins en Business Analyse : comprendre ce qui se cache derrière une demande, et non simplement noter ce qui est dit.
Ce réflexe est loin d’être anecdotique.
Selon plusieurs études compilées en management de projet, environ 70 % des projets ne livrent pas ce qui était initialement attendu (délais, budget ou périmètre), ce qui illustre à quel point une définition imprécise des besoins coûte cher avant même d’aborder les sujets techniques.
Pour poser ces bases correctement, je recommande toujours de commencer par ce contenu pilier, qui clarifie ce qu’est (et n’est pas) la Business Analyse.
Si vous êtes régulièrement la personne qui reformule, synthétise et sécurise la compréhension collective, vous êtes déjà dans une posture de Business Analyst.
2. Vous comprenez les enjeux métiers et les contraintes techniques (sans être expert des deux)
Vous n’êtes pas expert métier à 100 %.
Vous n’êtes pas développeur non plus.
Mais vous comprenez suffisamment les deux mondes pour détecter les incompréhensions avant qu’elles ne deviennent des blocages.
Vous voyez pourquoi un métier insiste sur certains besoins, pourquoi l’IT alerte sur des contraintes, et pourquoi une solution apparemment simple devient complexe une fois confrontée à la réalité du système existant.
Cette capacité à faire le lien est souvent ce qui différencie un projet qui avance d’un projet qui dérive.
Les analyses montrent que plus de la moitié des projets subissent une dérive de périmètre (scope creep), souvent liée à un cadrage insuffisant des besoins dès le départ.
C’est aussi pour cela que la confusion entre les rôles de Business Analyst, Product Owner et Chef de projet coûte très cher aux organisations, comme je l’explique en détail dans cet article dédié :
Business Analyst, Product Owner, Chef de projet : des rôles complémentaires, pas interchangeablesLe Business Analyst n’est pas là pour remplacer les experts.
Il est là pour faire dialoguer les expertises à partir des besoins réels, et non à partir de suppositions.
3. Vous êtes mal à l’aise avec les décisions prises “au feeling”
Certaines décisions vous mettent profondément mal à l’aise.
Pas parce qu’elles sont audacieuses, mais parce qu’elles reposent sur des intuitions non explicitées.
Un outil est choisi parce qu’il est “à la mode”.
Une fonctionnalité est ajoutée “au cas où”.
Un projet démarre sans objectifs clairs ni critères de succès.
Et vous, intérieurement, vous bloquez.
Ce malaise est rationnel.
Les données compilées sur les causes d’échec projet montrent que 37 % des projets échouent en raison d’objectifs mal définis ou insuffisamment cadrés dès le départ, ce qui renvoie directement à un manque de clarification des besoins.
Il cherche à rendre explicites les hypothèses sur lesquelles elles reposent, afin que les choix soient conscients et assumés.
Si vous avez déjà dit :
« On peut décider, mais sur quelles hypothèses exactement ? » alors vous raisonnez déjà comme un Business Analyst.
4. Vous voyez les conséquences avant que les problèmes n’apparaissent
Une décision paraît mineure.
Un changement semble localisé.
Mais vous voyez plus loin.
Vous anticipez les impacts utilisateurs, les effets de bord, les dépendances oubliées, les conséquences organisationnelles.
Pas parce que vous êtes pessimiste, mais parce que vous avez compris qu’un besoin ne vit jamais isolé.
Cette capacité de projection n’est pas intuitive pour tout le monde.
Elle repose sur une compréhension globale du système, des usages réels et des interactions entre acteurs.
Dans la littérature en analyse des besoins, il est clairement établi que les difficultés apparaissent souvent lorsque les besoins ne sont pas suffisamment compris, partagés ou stabilisés en amont, ce qui entraîne des ajustements tardifs, du “rework” et des incompréhensions après la mise en œuvre.
Autrement dit, quand les besoins ne sont pas correctement recueillis et analysés, les problèmes ne disparaissent pas : ils se déplacent.
Et ils coûtent toujours plus cher une fois la solution déployée.
Si vous êtes souvent la personne qui alerte sur ces impacts avant qu’ils ne surviennent, vous êtes déjà dans une posture de Business Analyst avancée.
5. Vous êtes frustré quand le problème réel n’est jamais traité
C’est souvent le signe le plus révélateur.
Vous participez à des projets où :
- on empile des solutions,
- on traite des symptômes,
- on avance vite, mais sans jamais prendre le temps de se demander si l’on travaille sur le bon sujet.
Et cette frustration revient, projet après projet.
Parce que vous sentez que :
- le besoin initial n’a jamais été correctement recueilli,
- les causes profondes n’ont pas été analysées,
- les utilisateurs finaux n’ont pas réellement été écoutés.
Cette situation est extrêmement fréquente.
Et elle n’est presque jamais liée à un manque de bonne volonté ou de compétences techniques.
Le cœur du rôle de Business Analyst est précisément là :
s’assurer que l’on traite le bon problème avant de concevoir la solution, même si cela implique de ralentir au départ pour éviter des corrections coûteuses plus tard.
C’est un thème que je traite très régulièrement dans les contenus de Best Of Business Analyst, parce qu’il traverse tous les contextes : projets IT, transformation digitale, outils métiers, organisation interne.
Quel que soit le cadre, quand le problème n’est pas clairement posé, la solution finit presque toujours par décevoir.
Si ce type de situation vous frustre profondément, ce n’est généralement pas un hasard.
C’est souvent le signe que votre posture est déjà orientée analyse, clarification et compréhension du problème réel — autrement dit, une posture de Business Analyst.
Être Business Analyst : un rôle avant un titre
Ce que je constate, année après année, c’est que beaucoup de professionnels recueillent déjà les besoins, sécurisent des décisions critiques et évitent des dérives coûteuses… mais sans cadre clair.
Résultat :
- un sentiment d’illégitimité,
- une confusion avec d’autres rôles,
- une difficulté à se positionner sur le marché.
La différence entre faire de la Business Analyse et être Business Analyst, ce n’est pas le talent.
C’est la structuration de la valeur apportée, avec des bonnes pratiques, techniques et méthodes.
Et si vous faisiez déjà ce métier sans l’avoir formalisé ?
Si vous vous êtes reconnu dans plusieurs de ces signes, une question mérite d’être posée :
« Et si je faisais déjà ce métier… sans l’avoir formalisé ? »
Avant toute décision — reconversion, évolution, formation — je recommande toujours de commencer par poser un cadre clair, notamment lorsque l’on envisage une reconversion vers le métier de Business Analyst :
- comprendre le rôle réel du BA,
- comprendre ce qu’on attend concrètement de lui sur le marché,
- comprendre ce que cela implique — ou non — en termes de parcours et de légitimité.
Point d’entrée recommandé :
Livre blanc – Introduction à la Business Analyse
https://bestofbusinessanalyst.fr/introduction-a-la-business-analyse/
Contenus complémentaires :
les vidéos BoBA dédiées à la reconversion, à la légitimité et aux rôles BA :
Note de fin
Certains cadres internationaux de la Business Analyse ont contribué à structurer le métier. Ils constituent un socle utile, mais ne reflètent pas toujours la réalité opérationnelle du terrain francophone, qui reste au cœur de l’approche de Best Of Business Analyst ©.








