Ce que 90 % des professionnels ignorent sur le rôle du Business Analyst

Tout devait bien se passer.
Le projet était prometteur. Le budget, conséquent. Les plannings, verrouillés. Les comités de pilotage, installés. Une task force de développeurs, une roadmap en sprints, des users stories dans Jira…

Et pourtant. Quelques mois plus tard :

  • Utilisateurs insatisfaits
  • Fonctionnalités inutilisées
  • Changements de dernière minute
  • Délais explosés
  • Silence gêné dans les rétrospectives

 

La faille invisible dans les projets IT

Les sponsors pointent du doigt l’équipe IT.
Les développeurs reprochent le manque de clarté côté métier.
Le métier, lui, jure qu’il avait tout dit dès la première réunion.

Et au final, tout le monde se regarde… sans comprendre où ça a dérapé.

Mais si le vrai problème était ailleurs ?

Une discipline méconnue : la grande absente des projets IT

Dans ce scénario, classique jusqu’à la caricature, une question simple est rarement posée :
« Avait-on, dès le départ, une vraie démarche d’analyse métier ? »
« Quel espace a-t-on laissé à la compréhension du problème AVANT de chercher une solution ? »

La réponse, dans bien des cas, est… aucun.

Pourquoi cette absence ?

Parce que dans beaucoup d’organisations, la Business Analyse est encore inconnue, floue ou mal intégrée.

  • Dans certaines entreprises, elle est confondue avec de la rédaction de spécifications.
  • Dans d’autres, elle est considérée comme un “luxe” ou une “surcouche inutile”.

Et souvent, on pense qu’adopter une méthode Agile suffit pour être centré utilisateur.

Product-centric VS User-centric

Or, ce n’est pas parce qu’on fait du Scrum qu’on fait de l’analyse métier.

Beaucoup de projets modernes adoptent une approche “product-centric” : on pense solution, fonctionnalités, interface, delivery.
Mais on ne prend ni le temps ni l’espace méthodologique pour creuser les vraies causes du problème « business », celui vécu économiquement par l’entreprise, l’administration ou l’association.

👉 Résultat : on construit un produit (parfois) performant… mais qui ne résout pas le bon problème.

Statistiques clés à l’appui

Selon McKinsey & Company :

70% des projets de transformation digitale échouent partiellement ou totalement, souvent à cause de mauvaise définition des besoins, de communication imprécise ou de livrables mal alignés avec la stratégie.

Et selon le PMI (Project Management Institute) :

37% des projets échouent à cause de la mauvaise compréhension des exigences – soit la cause N°1 devant les problèmes de budget ou de ressources.

Une fonction dans l’ombre, mais décisive

Le Business Analyst, l’AMOA (Assistant à la Maîtrise d’OuvrAge), le chef de projet fonctionnel / MOA ou encore le Product Owner dans une logique orientée métier – tous ces profils ont une mission commune :

Éclairer la problématique, structurer la réflexion, aligner les enjeux.

Et pourtant, dans les comités de cadrage, dans les chartes projets, dans les recrutements stratégiques, ce rôle est encore sous-estimé.

Pourquoi ?

Parce qu’il est invisible quand tout va bien… mais vital quand tout part en vrille.

Parce que la Business Analyse, ce n’est pas une méthode miracle :

  • C’est une discipline.
  • C’est une posture.
  • C’est une capacité à créer de la clarté là où règne la confusion.

Et dans un monde projet où vitesse rime souvent avec précipitation, on oublie que la réflexion AVANT l’action est un facteur de réussite.

Voilà pourquoi, dans la suite de cet article, je vous propose de lever le voile sur ce rôle clé :

  • Quelle est sa mission réelle ?
  • Pourquoi son absence coûte (très) cher ?
  • Comment il s’intègre dans les projets modernes ?
  • Et pourquoi les entreprises qui maîtrisent la Business Analyse prennent une longueur d’avance ?

Le rôle mystérieux que personne ne voit venir

Le Business Analyst : la pièce manquante du puzzle

Lorsqu’un projet est en difficulté, les regards se tournent souvent vers le développement ou la gestion de projet. Très rarement vers l’amont, là où tout commence vraiment : la compréhension du problème.
Et pourtant, c’est précisément le terrain d’excellence du Business Analyst.

Ce que fait (vraiment) un BA

Un BA n’est pas seulement un “intermédiaire” ou un “traducteur” entre le business et la tech. Il est l’analyste du besoin, le garant de la cohérence entre enjeux métier, contraintes terrain et vision stratégique.

Voici ce qu’il fait, concrètement :

  1. Avant-projet : explorer et questionner
  • Identifie les parties prenantes et leurs objectifs
  • Anime des entretiens exploratoires
  • Analyse les processus existants et leurs failles
  • Met en évidence les véritables causes du problème
  • Formule une proposition de valeur claire et justifiée

💡 C’est à ce stade que beaucoup d’entreprises lancent un projet… sans savoir si elles répondent au bon besoin.

  1. Phase de cadrage : structurer et modéliser
  • Formalise les besoins métiers, fonctionnels et non fonctionnels
  • Produit des livrables visuels et interactifs (prototypes, modélisation BPMN / UML / etc, cartes d’empathie, processus, cas d’usage, diagramme d’activité, SIPOC, VSM…)
  • Travaille en lien avec les décideurs pour aligner la solution avec la stratégie
  • Prépare le terrain pour les PO (Product Owners), devs, UX/UI designers

💡 Un bon cadrage évite les “on ne l’avait pas compris comme ça” à 2 jours de la mise en prod.

  1. Pendant le projet : ajuster et faire vivre
  • Assure le lien constant entre métier et équipe technique
  • Conçoit la solution fonctionnelle et non fonctionnelle
  • Prépare la conduite du changement
  • Participe aux revues, tests, recettes, démonstrations
  • Gère les évolutions de besoin (change requests)
  • Réconcilie les attentes divergentes (ex : utilisateur vs sponsor)

💡 Il est le point d’ancrage de la mémoire métier dans une équipe projet souvent tech‑centrée.

  1. Après le projet : mesurer et capitaliser
  • Évalue l’atteinte des objectifs métier
  • Participe aux retours d’expérience
  • Alimente les référentiels d’entreprise
  • Capitalise pour les futurs projets

💡 Le BA n’est pas là que pour le “pendant”. Il joue aussi un rôle essentiel dans le cycle d’apprentissage collectif.

Ses outils (indispensables à tout projet bien construit)

Objectif

Outil utilisé

Comprendre le contexte

SWOT, 5 Why, analyse PESTEL

Identifier les besoins

Interviews, ateliers, observations terrain

Formaliser les exigences

SFG, SFD, backlog produit, US, BRS, cas d’usage, matrice de traçabilité

Modéliser les processus

BPMN, diagrammes d’activité

Piloter les parties prenantes

Matrice RACI, carte d’influence

Prioriser les demandes

MoSCoW, Kano, matrice impact/effort

Evaluer la valeur métier

Business case, ROI, KPI

Et ceci n’est qu’est extrait de la boîte à outils d’un Business Analyst.

📌 Remarquez qu’on ne parle ni SQL, ni Power BI, ni Python (spoiler alert aux recruteurs : un BA n’est pas un développeur ! Mais il doit comprendre leurs attentes, au même titre qu’il doit appréhender les besoins métiers et les contraintes de la gestion de projet)

BA vs Chef de Projet vs PO vs AMOA

Il existe encore une confusion fréquente entre les rôles projet. Voici un éclairage très, très synthétique, mais un éclairage quand même 🙂 :

Rôle

Ce qu’il pilote

Objectif principal

Chef de projet

Délai, budget, coordination

Faire en sorte que ça sorte

Product Owner

Backlog, priorisation, livraison

Maximiser la valeur produit

AMOA

Interface métier/projet, validation

Alignement métier – solution

BA

Problématique, besoins, valeur

Résoudre le bon problème de la bonne façon

💡 Le BA est souvent le seul à porter une vision systémique, multi‑niveaux, avant même la solution.

Ce que ça change pour l’entreprise

  • Moins de rework : 40 % du budget projet est souvent perdu en corrections liées à des besoins mal compris (Source : IIBA)
  • Plus de dialogue constructif : le BA facilite les échanges inter‑équipes
  • Des produits réellement utiles : la valeur livrée est alignée avec le besoin initial

Pourquoi on ne le voit pas venir ?

Parce que la BA ne crie pas “livraison !” ou “sprint fini !”.
Elle ne fait pas de démos impressionnantes.
Elle observe, structure, éclaire.

Et cette discrétion est souvent perçue comme une faiblesse. Alors qu’en réalité, c’est une force :
le BA crée de la cohérence invisible, mais déterminante.

Dans la dernière partie de l’article, je vous propose de répondre à la question finale :
Pourquoi intégrer cette discipline dès maintenant change la trajectoire d’un projet ?
Et comment le faire concrètement (même sans recruter tout un pôle de BA’s).

Et si c’était lui (elle), le facteur X de la réussite projet ?

Un déclic stratégique

Imaginez deux entreprises, avec des projets de transformation similaires. Même budget, même planning, même ambition.
La première livre un produit “fonctionnel” mais très peu utilisé.
La seconde, un outil plébiscité dès les premières semaines, qui répond exactement aux irritants métier.
Leur seule différence ?
L’une avait un Business Analyst. L’autre non.

Du flou au focus : ce que la Business Analyse permet de changer

  1. Elle clarifie l’intention stratégique

Beaucoup de projets démarrent sur une intuition, une frustration ou une commande floue.
Le BA transforme cette intuition en problématique clairement posée, en objectifs mesurables, en critères de succès réalistes.

💬 “On veut digitaliser notre suivi client” → devient → “On veut réduire le délai de traitement des réclamations de 48h à 24h, pour gagner +15% de satisfaction client.”

  1. Elle aligne toutes les parties prenantes

Dans tout projet, il y a des visions divergentes :

  • Le métier veut un outil simple
  • L’IT veut quelque chose de robuste
  • Le management veut un ROI rapide
  • Les utilisateurs finaux veulent garder leurs habitudes

Le BA agit comme médiateur intelligent, capteur de signaux faibles, traducteur des non-dits.

Il crée du langage commun.

  1. Elle évite les erreurs qui coûtent (très) cher au projet

Par exemple :

  • Spécifications contradictoires
  • MVP inutilisable
  • Rework post-production
  • Tests mal définis
  • KPI sans lien avec le besoin réel

Grâce à sa rigueur et à ses méthodes, la Business Analyse prévoit les dérives et les neutralise avant qu’elles n’apparaissent.

  1. Elle garantit que l’on livre une solution qui marche

Le BA ne défend pas “un outil”.
Il défend la résolution d’un vrai problème.
Il s’assure que la solution :

  • Répond à une attente vérifiée
  • S’intègre dans les usages terrain
  • Est viable économiquement
  • Crée un bénéfice mesurable

 

L’erreur à ne plus faire : attendre que le besoin émerge “tout seul”

Dans beaucoup d’entreprises, on croit encore que :

  • Le besoin va remonter par les utilisateurs
  • Le produit va s’ajuster naturellement
  • Le projet pourra pivoter en cours de route

La vérité, c’est que sans une démarche d’analyse structurée, on finit par corriger à coups de budget ce qu’on aurait pu éviter par un bon cadrage.

 

Comment intégrer la Business Analyse dès demain ?

Vous n’avez pas besoin de recruter une armée de Business Analysts du jour au lendemain.

Voici les premiers pas simples à mettre en place :

Étape 1 : Nommer un référent “BA” en interne

Quelqu’un avec de la curiosité, de la rigueur, de la vision transversale.

Étape 2 : Utiliser une méthodologie de Business Analyse / un framework BA dans vos projets

C’est ce que nous enseignons à Best Of Business Analyst. Non pas un patchwork d’outils, mais une méthode pas à pas, avec des bonnes pratiques, des livrables clés et des outils concrets.

La matrice MoSCoW, la carte des parties prenantes, un canvas problématique-solutions sont des outils de BA, mais sans compréhension méthodique et systémique, vous perdez 90% de leurs bénéfices.

Étape 3 : Former les équipes métier à la logique d’analyse

Pas besoin qu’ils deviennent Business Analystes dans leur fiche de poste… mais qu’ils comprennent les mécaniques de besoin, d’exploration, de valeur. Maîtriser la Business Analyse, oui. En avoir l’intitulé sur le bulletin de salaire, pas forcément!

Étape 4 : Se faire accompagner

Un coach, un formateur ou un consultant BA formé (seuls 2% le sont… 98% étant autodidactes!) peut faire gagner 6 mois de maturité à votre équipe projet. Et des années à votre entreprise.

💡 Besoin d’une formation ou d’un accompagnement personnalisé?

Prenez rendez-vous en cliquant ici. 

Nous définirons ensemble vos besoins et vous proposerons une solution adaptée (démarche de BA, en somme…)

 

Vous jouez déjà ce rôle dans le savoir ?

Vous animez les ateliers, vous reformulez les besoins, vous cherchez toujours le “pourquoi” derrière les demandes ?
Alors vous êtes peut-être déjà un Business Analyst sans le savoir .

Et si c’était maintenant qu’il fallait faire briller ce rôle dans la lumière ?

Découvrez si vous êtes fait(e) pour devenir Business Analyst

👉 Faites le test ici – “Ai-je le profil pour devenir BA ?”

🎁 Bonus à la clé :

  • Découvrez la Business Analyse en téléchargeant gratuitement notre livre blanc de 15 pages
  • Inscrivez-vous à la newsletter Best Of Business Analyst pour rester au courant des dernières évolutions de cette discipline cruciale au carrefour des enjeux économiques, technologiques et de la gestion de projet.

 

À retenir

Ce que la BA change…

…et ce que ça vous évite

On comprend le vrai problème

❌ Pas de solution inutile ou superflue

On aligne toutes les attentes

❌ Moins de tensions internes

On structure l’approche

❌ Fin des specs floues et incohérentes

On livre ce qui est réellement utile

❌ Pas de “projet terminé mais sans adoption”

Image de Alice Svadchii

Alice Svadchii

Fondatrice de Best Of Business Analyst©
Formatrice⎥Coach⎥Conférencière⎥Créatrice de contenus

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