Les 5 choses que vous auriez aimé savoir avant de devenir Business Analyst

Les 5 choses que vous auriez aimé savoir avant de devenir BA

Que vous soyez Business Analyst depuis vingt jours ou vingt ans, je suis sûre que vous avez vécu ou que vous vivrez des moments très paradoxaux tout au long de votre carrière. L’amour de notre métier et le désarroi face à certaines situations compliquées peuvent alterner sans crier gare, et pour cause… On ne nous a pas tout dit!

Que les choses soient claires : l’objectif n’est surtout pas de vous décourager à devenir Business Analyst! Comme nombre de mes collègues, j’adore mon métier, car il est extrêmement varié et enrichissant grâce aux nombreux contacts humains et aux apprentissages nécessaires tout au long de notre carrière. Néanmoins, il a, comme tout métier, son côté sombre – mais celui-ci est peu évoqué par les Business Analysts eux-mêmes.

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En effet, en tant que BA, on est souvent perçu comme celui ou celle qui va résoudre les problèmes, qui détient de multiples expertises, et qui sait recommander la meilleure solution. Pas facile, dans ce cas, de confier nos doutes et nos états d’âme. 

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Je me suis donc « amusée » à parcourir les différents forums de discussion internationaux existant sur la Toile. Cela m’a permis de regrouper par catégories les 5 choses qu’on aurait bien aimé qu’on nous dise le premier jour de notre vie de Business Analyst.

Voici quelques témoignages représentatifs – les prénoms ont été changé pour préserver l’anonymat : n’hésitez pas à laisser vos commentaires pour appuyer et développer cette liste !

1.     98% des Business Analysts n’ont eu aucune formation préalable.

Bien que ce pourcentage varie d’un pays à l’autre, il reste encore incroyablement élevé pour ce poste, pourtant incontournable dès qu’un projet est lancé au sein d’une organisation. Comme 80% de ces projets sont liés aux systèmes d’information, quand on parle de Business Analyst, on pense souvent par défaut au Business Analyst en Systèmes d’information, mais sachez qu’il y a également des BA experts en gouvernance et en problématiques purement métiers, dont la finalité n’est pas la mise en place d’une solution informatique.

En France, 98% des Business Analysts sont autodidactes. Dans la grande majorité des cas, même dans les pays anglo-saxons pourtant très en avance sur les pays francophones, on est Business Analyst sur le papier avant de le devenir, au travers d’une pratique sur le terrain et – si on a de la chance ou un employeur conscient de l’enjeu – de formations ou de mentorat interne à sa propre organisation.

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Voici quelques témoignages édifiants :

Lilie: « Je n’ai jamais eu de formation. J’ai toujours dû me débrouiller toute seule, pour chacune de mes tâches de Business Analyst. »

Thomas: « Je viens de commencer un nouveau poste, je suis à peine guidé et j’essaie de comprendre les choses par moi-même. Il me semble que, dans mon entreprise, beaucoup de Business Analysts sont testeurs fonctionnels. En réalité, je dirais plutôt l’inverse… à savoir que les testeurs font du travail de Business Analyst. On travaille en agile avec des releases hebdomadaires, ce qui fait que les Business Analysts n’ont pas le temps de recueillir les exigences fonctionnelles et non fonctionnelles détaillées. On a juste assez d’information pour lancer des discussions avec les utilisateurs pour tenter d’écrire les user stories… La formation en interne est très peu structurée et, honnêtement, elle fait un peu peur ! »

Sweta: « Honnêtement? J’étais vraiment terrifiée les premières années de ma nouvelle vie de BA! J’avais l’impression que tout le monde savait tout comme par magie, sauf moi. Mais ça vient avec le temps ! »

Jeremy: « Je suis Business Analyst junior depuis 2 mois et je suis le premier à avoir ce rôle dans mon entreprise. Donc pas de formation structurée, et aucune bonne pratique à apprendre et s’approprier. Pour être honnête, tout le monde me soutient, mais c’est assez écrasant comme responsabilité, et c’est très très peu structuré. Après 2 mois de pratique, j’ai fini par me dire  : « Tant que j’arrive à faire avancer mes projets, tout va bien « . Je ne serais pas surpris qu’il me faille au moins un an pour commencer à me sentir un peu à l’aise avec mon rôle de Business Analyst. »

Pascal: « Je suis passé d’un poste « métier » à un poste de BA il y a environ six mois, et je n’ai eu aucune formation. Les compétences que mes employeurs avaient repérées chez moi étaient la communication, la capacité rédactionnelle, le travail collaboratif et la capacité à produire de la valeur ajoutée. Une grande partie de la montée en compétence se fait en travaillant, en échangeant, en étant ouvert, en faisant des recherches et en rédigeant bien. Il me semble que les Business Analysts plus expérimentés ont des compétences variées dans de nombreux domaines, par exemple dans le champ de l’expertise métier, les tests d’acceptation, la gestion de projet, et ils ont même une connaissance technique en informatique pour pouvoir  discuter avec les développeurs. De mon côté, j’ai vraiment l’impression de ne pas en faire assez, mais en même temps, je ne sais pas vraiment ce que l’on attend de moi, et ce qui pourrait être considéré comme étant le bon niveau à atteindre.

2.     A chaque fois qu’on commence un projet, on doit réapprendre son rôle

Maintenant que vous vous sentez moins seul.e, passons au deuxième point commun à tous les Business Analysts : nouveau projet = nouveau rôle.

Souvenez-vous que le BA en systèmes d’information est le chaînon entre les utilisateurs opérationnels (autrement dit, « Le Métier »), les équipes en charge du développement technique de la solution cible et la gestion de projet.

Donc lorsque l’on change un ou plusieurs paramètres, on change également la façon dont le Business Analyst va travailler, interagir, recommander, analyser, créer de la valeur…

Le plus complexe est de passer d’un secteur d’activité à un autre, de la connaissance des besoins d’un département d’entreprise à un autre, d’un contexte non réglementé à un environnement extérieur régulé etc. Mais même au sein d’une même entreprise et d’un même département, cela peut être épique ! En effet, le facteur humain est fondamental quand on est Business Analyst, puisque l’une des activités les plus importantes est la collaboration avec de multiples parties prenantes. Donc, ce qui coulait de source dans un service peut s’avérer compliqué dans un autre, juste parce que la dynamique d’équipe a changé.

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Stéphanie : « Je trouve que le métier de Business Analyst varie beaucoup selon l’entreprise. Parfois, celle-ci attend que BA recueille les besoins métier et les exigences de la solution cible. Dans d’autres cas, les employeurs ou le chef de projet s’attendent à ce qu’il rédige les spécifications fonctionnelles. Personnellement, j’ai fait à peu près tout: Business Analyst, chef de projet, testeuse fonctionnelle, acceptance, formation, configuration et maintenance logicuelle.

A chaque fois, je dois réapprendre mon rôle, de même que les attentes en matière de rédaction de la documentation. »

3.     Un Business Analyst a de multiples casquettes

Si vous savez à peu près ce qu’est le périmètre de la business analyse (si vous avez des doutes, visitez mon blog en commençant ici), vous percevez à quel point ses activités et livrables sont nombreux et variés.

C’est comme si je vous disais qu’il vous fallait un spécialiste des BTP pour construire votre maison. Il devrait savoir faire de la maçonnerie, de la plomberie, de l’électricité, poser les menuiseries, les cloisons, tout en conduisant les travaux et en étant l’interlocuteur du client final (je ne suis pas spécialiste, mais il va de soi qu’il y a bien d’autres domaines à prendre en compte pour que vous soyez assuré de pouvoir habiter un jour dans votre maison).

 

Eh bien, en l’état actuel de la (mé)connaissance générale du métier de Business Analyst, celui-ci est perçu comme étant ce fameux « spécialiste BTP », ce qui le conduit à souvent jongler entre plusieurs rôles, en fonction des contraintes internes et externes du projet et de l’Organisation.

Laurent : « Je n’ai pas eu de formation, cependant, j’ai eu une sorte de mentor. Il m’a vraiment aidé à organiser mes réunions et à structurer mes livrables en fonction des audiences cibles. Maintenant, j’acquière régulièrement de nouvelles compétences en fonction de mes intérêts personnels et des besoins de mon entreprise. Mes collègues Business Analysts et moi-même faisons tous un travail très différent, mais notre intitulé et description de poste  sont les mêmes. Je me rends compte que nous apportons une valeur différente selon les projets : dans certains cas, c’est heureusement une réelle valeur ajoutée, tandis que dans d’autres, nous pouvons être un goulot d’étranglement ou pire, ne pas contribuer du tout à la valeur ajoutée du projet. »

4.     Le titre de Business Analyst est parfois un titre « fourre-tout » 

Résumons : les business analysts ont souvent du mal à cerner leur propre périmètre, leurs activités et livrables, lesquels changent selon l’entreprise, le secteur d’activité, ou encore le service au sein d’une même organisation.

Alors quoi d’étonnant à ce que les employeurs, les recruteurs, les chefs de projets eux-mêmes ne sachent pas ce qui se cache exactement derrière ce rôle ? D’où l’urgence à éduquer (et le but de mon blog 😊).

Michelle : « Ce qui arrive souvent c’est qu’un manager ou un chef de projet identifie un manque de ressources, du style « nous avons besoin d’un Business Analyst », mais il ne sait pas comment expliquer concrètement ce que cette ressource fera. Alors quant à la former… »

Marc: « La Business Analyse est un rôle spécifique avec des bonnes pratiques précises, mais BEAUCOUP d’entreprises utilisent le titre de Business Analyst comme un rôle fourre-tout avec un périmètre très large. Si vous compariez mes activités à celles de certains de mes collègues  eux-mêmes Business Analysts, vous aurie l’impression que nous n’exerçons pas du tout le même métier, tant nos tâches diffèrent! « 

5.     Quand le « syndrome de l’imposteur » nous guette…

Le métier de Business Analyst n’est pas seulement vaste et varié, il est aussi en constante mutation.

Et c’est normal : il est lié aux marchés, aux technologies, aux méthodologies etc. Dans le monde actuel, les entreprises doivent être prêtes à réagir aux moindres changements pour ne pas être condamnées à une mort certaine. Le Business Analyst doit donc lui aussi être capable de comprendre les enjeux qui l’entourent. Il est loin le temps où la formation initiale à l’université suffisait à vous donner le bagage pour une carrière linéaire jusqu’à la retraite. Le Business Analyst doit sans cesse réapprendre pour remettre ses connaissances au goût du jour.

Difficile dans ce cas d’atteindre une zone de confort et de se reposer sur ses lauriers. Je ne vous cacherai pas que ce métier n’est pas fait pour tout le monde. Celles et ceux qui ressentent une baisse douloureuse de leur estime de soi dès qu’ils/elles doivent apprendre de nouvelles choses seront sans doute malheureux dans un rôle de Business Analyst.

Néanmoins, on peut aimer les challenges et la diversité, ne pas craindre de sortir de sa zone de confort, et pour autant, subir de plein fouet le syndrome de l’imposteur – cette impression erronée d’être perçu à tort comme plus compétent qu’on ne l’est en réalité.

Pour en savoir plus sur le syndrome de l’imposteur, voici un article qui l’explique bien: Le syndrome de l’imposteur au travail

Sachez que c’est un syndrome courant chez le Business Analyst… mais il se soigne…

Les Business Analysts commencent en général à se sentir réellement compétents après de nombreuses années à pratiquer les différentes activités de leur métier. Certains Business Analysts expérimentés, après de longues années à pratiquer toujours les mêmes activités, dans le même secteur ou la même entreprise, ont souvent peur de sortir de leur zone de confort. Ils pensent qu’ils n’en seront pas capables et que leur incompétence sera visible de tous ! La faute à ce fichu syndrome de l’imposteur…

Kevin : « Personnellement, je viens d’un service Help Desk. Avant, j’avais un plan de formation et mon emploi du temps était clair et prévisible. En gros c’est comme si je savais ce que j’avais à faire et ce que je devais apprendre et savoir pour réussir ma carrière. Mais maintenant que je suis Business Analyst… Pour être honnête, j’ai plein de doutes sur ce rôle. Mon état d’esprit actuel est plutôt négatif, je ne suis pas sûr d’être compétent. »

Philippe : « Avant je savais d’où et par qui venait mon travail, et celui-ci était clair et mesurable. Je pouvais identifier ma valeur ajoutée personnelle. Au bout d’un certain temps, les problèmes qui m’étaient soumis étaient devenus si faciles à résoudre que j’ai cherché un nouveau job avec de nouveaux défis, et je suis devenu Business Analyst.

Le problème maintenant, c’est que j’ai l’impression que même si je travaille sur des projets plus importants et que je résous des problèmes plus complexes, je le fais à un rythme beaucoup plus lent ! Avant, j’étais l’expert, et l’homme à tout faire pour presque tout ce qui touchait aux nouvelles technos. Et si je ne connaissais pas la réponse, je pouvais vous donner le nom de la personne qui pouvait vous aider. Maintenant, j’ai l’impression que tout le monde autour de moi en sait plus que moi, surtout en ce qui concerne les processus métier. Parfois, je n’ose pas parler, même si je comprends, parce que j’ai l’impression que je n’apporterai rien de plus à tout ce que tout le monde sait déjà. »

Maintenant que vous êtes au courant que vos états d’âme sont partagés par BEAUCOUP de business analysts, et que c’est totalement normal en l’état actuel des formations existantes à ce beau métier (parce que, je vous l’assure, c’est vraiment un SUPER métier !), j’espère que vous déciderez de prendre votre destin à bras le corps…

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Car, n’en doutez pas: les Organisations ont besoin de personnes comme vous pour les aider à faire face aux nombreux challenges posés par un monde en constante et rapide mutation!

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Alice Svadchii
Alice Svadchii
Auteure du blog et Business Analyst enthousiaste
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