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Design Thinking, Lean Startup et Agile : quelle est la différence ?

Desgin thinking

« Le Lean startup va-t-il à l’encontre du Design Thinking ? Oh, à moins que cela ne soit la même chose ? »

« Ah ok, donc vous voulez dire agile ? »

« Je pense que le terme « agile » est plus approprié pour décrire cela ».

Si vous vous reconnaissez dans ces extraits de commentaires, rassurez-vous, vous faites partie de l’immense majorité de celles et ceux qui confondent Design Thinking, Lean Startup et Agile.

Je vous propose donc de voir ensemble en quoi ils diffèrent et ce qui les réunit.

Design Thinking

Dans l’esprit start-up, le Design Thingking est une démarche de co-création propice à l’innovation et centrée sur l’humain, qu’il soit client ou collaborateur.

Le but est de réunir des équipes pluridisciplinaires pour co-construire les étapes clés d’un projet et parvenir ensemble à une solution palpable sous forme de maquette ou de prototype.

C’est un accélérateur permettant d’aboutir à des résultats concrets rapidement par l’exploration, l’idéation, le développement, le test et l’amélioration continue.

L’esprit start-up ne signifie pas forcément qu’il s’agit d’être une bande de jeunes de 25 ans de moyenne d’âge, en T-shirts, baskets, sans bureau et sans moyen… Non : l’esprit start-up c’est savoir se donner les moyens de valider un projet directement avec toutes les parties prenantes sans passer par plusieurs cycles de validations et de comités de pilotage. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’on a mis directement toutes les bonnes personnes et les valideurs pertinents autour de la même table.

L’esprit start-up, c’est également se donner le droit d’inviter la « petite main » pour réfléchir au nouveau produit ou service de demain, celui dont elle sera l’ambassadrice pour avoir été impliquée dès le début dans sa construction.

C’est un processus itératif dans lequel toutes les parties prenantes s’efforcent de comprendre le besoin de l’utilisateur, de remettre en question les hypothèses, de redéfinir les problèmes, afin de créer de nouvelles stratégies et solutions, même si elles ressemblent au premier abord davantage à de la science-fiction qu’à la réalité.

« Pourquoi ne pas imaginer demain qu’un ascenseur puisse déposer ses passagers directement devant leur bureau ? Pourquoi se limiter à déposer les personnes à un autre étage ? Pourquoi ne pas imaginer qu’un ascenseur puisse à la fois se déplacer verticalement et horizontalement ? Est-ce de la science-fiction ? Ou est-ce juste la manière de réfléchir à sa mise en œuvre ? En mettant tous les bons départements et les bons experts autour de la table, tout est possible : architectes, sécurité, juristes, assureurs, clients, etc. »

(source :  « Design Thinking : Accélérez vos projets par l’innovation collaborative» par Stéphane Biso, Marjorie Le Naour)

Contrairement au brainstorming, le Design Thinking favorise le « Painstorming », afin de bien comprendre la « douleur » de l’utilisateur.

Selon Tim Brown, PDG d’IDEO :  » Le Design Thinking est une approche de l’innovation centrée sur l’être humain qui s’inspire de la boîte à outils du concepteur pour intégrer les besoins des personnes, les possibilités de la technologie et les exigences de la réussite commerciale « .

Attention cependant, car le Design Thinking doit éviter deux pièges :

  • Ne pas être confondu avec des sessions de créativité de type « brainstorming ». L’étape de créativité doit être immédiatement suivie de la co-construction d’un ou de plusieurs prototypes.
  • Rester souple, ne pas envisager le Design Thinking comme un processus rigide. Parfois, ce qui était au départ conçu comme une démarche ou un cheminement est devenu, à tort, un processus linéaire fermé, une « méthode » dépouillée de désordre, de conflits, d’échecs, d’émotions, et d’itérations propices à la créativité… Les animateurs doivent rester à l’écoute du groupe de travail, et savoir gérer les pics d’activité aigus comme l’effondrement de l’attention.

Le Design Thinking doit conserver toute sa dimension de lâcher-prise, pour favoriser la créativité, tout en suivant 5 étapes clés :

  • Découvrir et regrouper des compétences
  • Définir et axer sur le besoin du client
  • Créer et stimuler l’intelligence collaborative
  • Maquetter et concrétiser l’idée
  • Tester et apprendre

Lean Startup

« Sur le plan mondial, 90% des startups échouent » (Forbes)

et la raison principale de ces échecs est qu’ « elles vendent des produits dont personne ne veut. » (Fortune).

Le Lean Startup est initialement développé en 2008 par Eric Ries sur la base de la pensée Lean dans des entreprise high-tech de la Silicon Valley. C’est une approche scientifique du démarrage d’une activité économique et du lancement d’un produit. Elle repose sur le validated learning (vérification de la validité des concepts), l’expérimentation scientifique et le design itératif. Elle tend à réduire les cycles de commercialisation des produits, à mesurer régulièrement les progrès réalisés et à obtenir des retours de la part des utilisateurs. Dans cette optique, les entreprises, en particulier les start-up, cherchent à concevoir des produits et services qui satisferont au mieux la demande de leurs consommateurs, avec un investissement initial minimal.

« Le Lean Startup fournit une approche scientifique à la création et à la gestion des start-up et permet aux clients d’obtenir le produit qu’ils désirent plus rapidement. La méthode Lean Startup vous apprend à piloter une startup, à la diriger, à la faire fonctionner et à persévérer, et à faire croître une entreprise avec une accélération maximale. C’est une approche de principe pour le développement de nouveaux produits. »

Eric Ries

Agile

Le terme « agile » définit une approche de gestion de projet informatique qui prend le contre-pied des approches traditionnelles de type cycle en V ou en cascade, et propose au contraire davantage de visibilité, en impliquant le client du début à la fin du projet en adoptant un processus itératif.

Dans le cadre d’un projet de développement logiciel, le client élabore sa vision du produit à réaliser et liste les fonctionnalités. Il soumet cette liste à l’équipe de développement en communiquant directement avec elle. L’équipe sélectionne ensuite une portion de ces exigences à réaliser dans une portion de temps courte appelée itération (en anglais, sprint). Chaque itération inclut des travaux de conception, de développement et de test. A la fin de chacune de ces itérations, le produit partiel mais utilisable est montré au client, qui peut se projeter dans l’usage du produit et émettre des feedbacks précieux pour les futures itérations.

Utilisées principalement dans le développement de logiciels, les méthodologies agiles sont basées sur une idée claire du concept du produit et de son marché.

Les méthodologies agiles se concentrent d’abord sur les fonctionnalités à haute valeur ajoutée, plutôt qu’un ensemble exhaustif de fonctionnalités à développer.

L’agilité consiste à produire des résultats tangibles et fonctionnels à chaque itération. Selon les 12 principes du Manifeste Agile, « un logiciel qui fonctionne est la première mesure de l’avancée du projet ». Livrez une maquette, puis révisez-la en fonction des retours de votre client. Surtout, ne livrez pas la solution attendue en une seule fois ! (voir aussi l’article Marre des pseudo-projets agiles!)

La première approche de gestion de projet de développement itératif date de 1986. Si la méthode Scrum, depuis sa première mise en œuvre en 1993, est la plus utilisée, documentée et éprouvée, il existe d’autres méthodes agiles parmi lesquelles eXtreme Programming, RAD, Crystal Clear

En fait, Design Thinking, Lean Startup et méthodologie Agile peuvent être combinés avec succès :

  • Comprendre, définir et « idéer » (être créatif) par le biais du Design Thinking
  • Transformer les idées novatrices en business models grâce au Lean Startup
  • Créer et livrer le produit progressivement et plus rapidement grâce aux méthodologies agiles.
Design Thinking Lean startup et agile combinaison

Comment vous l’avez compris, le Design Thinking, le Lean Startup et les méthodologies agiles tiennent prioritairement compte de l’utilisateur final, par le biais d’une rétroaction directe. C’est cette boucle de rétroaction qui permet de s’assurer qu’aucun produit n’est créé sans but avéré pour ce dernier.

Ainsi, si 90% des startups échouent parce qu’elles produisent des produits dont personne ne veut, la combinaison de ces méthodologies permet d’en réduire drastiquement le risque.

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Alice Svadchii
Alice Svadchii
Auteure du blog et Business Analyst enthousiaste

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Stéphane
Invité
Stéphane

Merci Alice pour cet excellent article sur ces approches et techniques. Bravo ! Cela m’amène quelques réflexions : 1/ Pour l’Agile, l’incrément de produit n’est pas une « maquette » mais bien un produit opérationnel. La maquette est un livrable qui sert à démontrer ou à valider quelque chose, par exemple la navigabilité sur un site Internet, une interface IHM… Elle est très utile pour mieux communiquer avec les utilisateurs et affiner leurs besoins. 2/ Je suis un peu moins convaincu par l’enchaînement du Lean et de l’Agile dans le croquis de Gartner. Lean et Agile permettent tous les deux de délivrer… Lire la suite »