La profession de BA

Quand les Business Analysts tournent mal…

quand les business analysts tournent mal

« Pédant », « dissident », « supérieur », « juste un BA », « je te l’avais bien dit », « eux… et Nous », « négatif », « carriériste » : avez-vous réussi à éviter ces vilains travers du Business Analyst qui a mal tourné?

La dernière conférence des Business Analysts européens s’est déroulée à Londres, et elle a été l’occasion de nombreux débats, séminaires et rencontres entre plus d’une centaine de Business Analysts européens. Enfin, quand on regarde un peu plus attentivement la liste des participants, il serait plus exact de dire qu’ils venaient plutôt des quatre coins… de Grande-Bretagne. Eh oui, il y a toujours cette longueur d’avance des pays anglo-saxons sur la communauté francophone en ce qui concerne la structuration et le partage des bonnes pratiques de la Business Analyse !

Prêts à inverser la tendance pour les prochaines années ? Oui ? Alors commençons par nous intéresser à ce qui est ressorti du partage d’expérience de nos amis d’outre-Manche.

Les paragraphes qui suivent sont une synthèse du brainstorming de la conférence, et ne représentent pas forcément mon opinion… ni la vôtre 😊, mais il est intéressant de les lire à double titre :

    • D’une part car cela nous permet de voir dans le futur, puisque qu’il est avéré que les Business Analysts anglo-saxons ont 5 à 10 d’avance sur nous ;
    • D’autre part, parce que cela nous permet de nous éveiller à nos propres dérives, actuelles ou à venir. Un homme averti en vaut deux, pas vrai?
BAD_BA comportements

Plus de 100 Business Analysts du monde entier ont identifié et examiné à la loupe ces 8 comportements de « bad BA ». Par exemple, 78 % d’entre eux ont dit qu’ils avaient pu observer des Business Analysts être et se comporter d’une manière négative, ce qui a également été estimé comme le pire des 8 mauvais comportements que les BAs affichent régulièrement.

Si nous voulons que tous les acteurs des organisations perçoivent la plus-value de la business analyse, nous devons rompre avec nos mauvais comportements. Nous pouvons commencer par les remarquer, puis par être positifs, pleins d’espoir et (essayer) de toujours voir le bon côté des choses.

Pour y parvenir, nous devons surveiller notre attitude et chercher à améliorer nos relations avec les autres ainsi que nos compétences interpersonnelles. Mais, en réalité, combien de temps passons-nous à faire cette analyse ?

Il y a 8 comportements identifiés qui sont autant de pièges dans lesquels les Business Analysts peuvent tomber, dont ils doivent prendre conscience pour tenter de les éviter.

Note de bestofbusinessanalyst.fr : vous remarquerez que j’ai gardé l’usage du pronom « nous » accolé à ces mauvais comportements.

Non pas pour le plaisir de l’auto-flagellation, mais parce que cela incite le lecteur à se poser la question sur lui-même. « Ah bon, tu ne t’es JAMAIS comporté de la sorte ? » : moi la première, en lisant cette liste, je ne me sentais pas concernée. Hum. Serais-je dans la catégorie du BA pédant ou supérieur ? Je vous laisse donc, si vous le souhaitez, faire également cet exercice d’auto-critique !

Le BA pédant

Nous savons tous qu’en tant que Business Analysts, nous pouvons être pédants. Par le passé, nous avons peut-être même applaudi cette attitude, mais si nous sommes perçus comme profitant du fait que d’autres personnes ont fait des erreurs, cela n’est pas utile et les gens éviteront de nous solliciter.

Avoir l’opportunité de contribuer à un projet ou un objectif est fondamental. En tant que BA, nous devons favoriser une culture d’échange et de solidarité, où les collaborateurs ont envie de discuter de leurs problématiques avec nous, où ils souhaitent partager les premières ébauches de leurs réflexions, où ils nous font confiance pour les aider à aller de l’avant jusqu’à l’aboutissement de leur projet.

Le BA dissident

Certains Business Analysts résistent à toute tentative de structurer et d’harmoniser l’analyse métier.

Ils n’utilisent pas de modèles de documents, ils restent vagues quant aux livrables qu’ils doivent produire, ils ne partagent pas leur expérience avec leurs pairs et en tout état de cause, ils ne s’intéressent pas au développement des bonnes pratiques de la business analyse.

Malgré cela, ces B.A. francs-tireurs sont souvent bien perçus par le reste de l’équipe projet à laquelle ils appartiennent, car ils sont considérés comme utiles et flexibles. Eh oui, bien trop souvent, l’équipe projet (chef de projet, architecte, développeur…) ne se soucie pas trop de l’utilisation des modèles de documents de business analyse ni de la mise en place et de l’amélioration continue des normes de notre métier !

Les BA dissidents nuisent vraiment à la profession car ils ne font pas la promotion d’une vision cohérente de ce qu’est le rôle du Business Analyst, ils préfèrent faire ce qu’ils veulent, quand ils le veulent, comme ils le veulent.

Nous devons vraiment mettre de côté nos tendances « dissidentes ». Ayons foi dans l’idée qu’en contribuant au développement de la profession, nous élèverons le niveau de valeur que les organisations sont en droit de recevoir de la business analyse.

Le BA supérieur

Parfois, nous pouvons nous montrer méprisants vis-à-vis des autres rôles du projet (« Le chef de projet est un abruti » ; « Les utilisateurs ne savent pas ce qu’ils veulent » ; « Les développeurs n’écoutent pas »…) et parfois même, certains Business Analysts ne tentent même pas de dissimuler leur mépris !

A la place, utilisons ces situations pour mettre en pratique nos capacités d’empathie :

  • Pourquoi les utilisateurs ne savent-ils pas ce qu’ils veulent ? Ils n’ont probablement jamais eu le luxe de pouvoir prendre du recul par rapport à leur travail quotidien afin de réellement y penser.
  • Pourquoi les développeurs n’écoutent-ils pas ? Ils sont souvent pressés par le temps et doivent faire des suppositions basées sur leurs connaissances et leurs expériences passées.
  • Pourquoi les chefs de projet ont-ils l’air idiots ? Ils jonglent avec 100 priorités et ce n’est pas leur boulot de connaître tous les détails comme nous le faisons (parce que c’est notre boulot, à nous).

Le rôle de la Business Analyse est incroyablement utile, mais nous faisons partie de l’équipe, et si l’équipe échoue, nous échouons tous, aussi bonne notre contribution individuelle soit-elle.

Je suis juste un Business Analyst

Beaucoup de Business Analysts ont le sentiment que leur culture d’entreprise ne valorise pas leur rôle, et ils se sentent comme la dernière roue du carrosse. Or, si nous nous sentons quantité négligeable et que nous envoyons effectivement le message à nos collègues que nous sommes « juste des business analysts », une longue route parsemée d’insatisfaction et de frustration nous attend…

C’est vrai que bien des gens n’ont pas une compréhension claire de ce que fait un Business Analyst, mais sachez que cette connaissance du périmètre des rôles et responsabilités est une analyse à mener sur chaque projet, avec chacune des parties prenantes !

>> Voir aussiOù s’arrête le rôle du Business Analyst (et où commence celui de l’équipe technique)

La compréhension du rôle du BA ne risque pas de se faire par miracle, c’est à nous de la prendre en charge. Nous devons être fiers du rôle que nous jouons, et du travail que nous accomplissons – dans une certaine limite toutefois, pour ne pas nous sentir supérieurs 😉…

Je vous l’avais bien dit!

Nous pouvons aussi donner l’impression d’utiliser le registre des risques du projet comme  miroir à nos récriminations du type « Je vous l’avais dit ».

Cela vient parfois d’un sentiment de frustration réelle, de ce qui aurait pu être évité si nous avions été écoutés. C’est notre façon de rappeler aux gens que nous avions eu une bonne idée ou une recommandation pertinente, mais qui a été ignorée à l’époque alors qu’elle aurait pu les aider.

Néanmoins, cette attitude « je vous l’avais bien dit! » n’est pas utile, et en tout cas, elle ne favorise pas les bonnes relations. A la place, travaillons nos capacités d’influence et reconnaissons que « bombarder de détails » nos interlocuteurs n’est pas le seul moyen de les persuader.

>> Voir aussi : Tyrion, le Conseiller du Roi : ce que GOT nous enseigne sur les jeux d’influence

>> Voir aussiSavez-vous persuader efficacement vos interlocuteurs ?

Nous… et Eux

Beaucoup de divisions peuvent survenir, que ce soit entre les Business Analysts et les chefs de projet, entre les membres de l’équipe projet et leurs collègues commerciaux, entre la maîtrise d’ouvrage et le maître d’œuvre.

Il est très facile de se cacher derrière ces limites réelles ou perçues, et de mettre tout le monde dans le même sac. En tant que Business Analysts, nous avons la responsabilité d’éviter les silos, nous pouvons et devons encourager le travail collaboratif et faire partie de celles et ceux qui sont prêts à travailler au-delà des frontières.

Le BA négatif

Nous pouvons être considérés comme très négatifs. Certains Business Analysts disent non à tout, et comme c’est notre métier d’analyser les choses, il nous est généralement très facile de trouver dix mille bonnes raisons pour lesquelles quelque chose ne fonctionnera pas – avant même que notre interlocuteur ait fini d’expliquer son idée.

Simplement changer notre « oui, mais… » en « oui, ET… » permet pourtant de construire une réelle réflexion proactive. Cela aide les gens à trouver une solution à leurs problèmes, plutôt que les en empêcher en énumérant tous les inconvénients de la proposition.

Le BA carriériste (de passage)

Il y a un petit sous-ensemble de personnes qui utilisent l’analyse métier comme tremplin dans leur carrière.

Malheureusement pour l’organisation et le projet, ces personnes n’essaient pas d’apprendre tout ce qu’elles peuvent en business analyse – la maîtrise des outils et des techniques de la BA n’étant pas considérée par eux comme faisant partie des compétences « transférables » pour leur évolution de carrière. Trop occupées à se préparer à leur future promotion, elles  n’apportent pas de plus-value, et leur attitude contribue à alimenter la fausse idée que pour réussir, il ne faut pas rester Business Analyst mais devenir directeur de projets.

Bien entendu, il est légitime de vouloir faire autre chose que de la Business Analyse tout au long de votre carrière, et il est vrai aussi que certaines entreprises n’ont pas de stratégie RH pour vous faire évoluer en tant que BA.

Mais, tant que vous êtes membre de cette belle profession, soyez-y à fond, impliquez-vous, et aspirez à devenir le meilleur Business Analyst possible !

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Alice Svadchii
Alice Svadchii
Auteure du blog et Business Analyst enthousiaste

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