La profession de BA

Le Business Analyst est-il un imposteur ?

syndrome de l'imposteur chez le business analyst

Lorsque, il y a quelques mois, j’ai publié une infographie sur les « 5 choses que vous auriez aimé savoir avant de devenir Business Analyst », bien des Business Analysts se sont reconnus parmi celles et ceux aux prises avec le syndrome de l’imposteur.
Pour être honnête, je pensais que cette sensation d’être perçu(e) à tort comme plus compétent(e) qu’on ne l’est en réalité épargnait le monde anglosaxon. En effet, l’analyse métier y est implantée depuis bien plus longtemps que dans les pays francophones, et sa valeur ajoutée auprès des organisations, des cadres dirigeants et des projets de systèmes d’information y est à présent largement reconnue. Mais j’avais tort.

Cette semaine, je vous propose de lire le très intéressant article de Christina Lovelock, intitulé : « Syndrome de l’imposteur : la business analyse n’est pas JUSTE une question de bon sens ». Elle y analyse de manière très pertinente 8 facteurs pouvant conduire à l’apparition de ce syndrome :

  • La Business Analyse ? C’est du simple bon sens !
  • N’importe qui peut prétendre être un Business Analyst
  • Je suis devenu(e) Business Analyst par hasard
  • Je ne suis pas un « vrai » Business Analyst
  • Que fait un Business Analyst, au juste ?
  • Je ne suis pas « technique »
  • Le Business Analyst n’est pas utile dans les approches agiles
  • Le « métier » a déjà identifié et écrit ses propres exigences
Les 5 choses que vous auriez aimé savoir avant d'être Business Analyst
Infographie bestofbusinessanalyst.fr

Voici son analyse (texte traduit de l’anglais par bestofbusinessanalyst.fr).

C’est quoi, le syndrome de l’imposteur ?

Le syndrome de l’imposteur semble être particulièrement répandu chez les Business Analysts. Il est temps de se demander pourquoi et comment nous pouvons y faire face.

Le syndrome de l’imposteur est caractérisé par :

  • Le sentiment d’être un escroc (« Quand vont-ils comprendre que je ne sais pas ce que je fais ? »)
  • Le fait de croire que notre succès n’est pas mérité, ou que nous avons juste eu de la chance (« j’étais juste au bon endroit au bon moment »)
  • Être en proie au doute (« Qui suis-je pour faire ça ? »).

Lorsqu’un Business Analyst entend pour la première fois parler du syndrome de l’imposteur, généralement une ampoule s’allume dans sa tête (« Je pensais que c’était juste moi ! »).

En fait, bien souvent, les Business Analysts minimisent leurs propres compétences et leur efficacité, ils peuvent dire par exemple des phrases du type « Je n’ai pas vraiment FAIT quoi que ce soit, j’ai juste réuni les bonnes personnes et posé les bonnes questions » – comme si cela n’était pas déjà, en soi, une compétence incroyablement précieuse.

Ne confondez pas le simple bon sens, avec la capacité à obtenir des résultats logiques et porteurs de sens que nous, Business Analysts, sommes capables d’atteindre grâce à de nombreuses années d’expérience et de développement de nos compétences. Nous nous sommes formés à être objectifs et à voir les choses sous différents angles. Nous avons appris un large éventail de techniques pour favoriser l’engagement des contributeurs et parties prenantes, obtenir des informations et les transmettre de la meilleure manière possible. 

L’analyse métier est une discipline professionnelle, qui prend de l’ampleur et se développe dans le monde entier, elle est à présent soutenue par des certifications et organismes reconnus. Ce n’est pas parce que vos amis et collègues ne savent pas ce que c’est qu’elle n’est pas profondément réelle ou qu’elle n’a aucune valeur.

Voici à présent quelques-uns des facteurs qui contribuent à l’apparition du syndrome de l’imposteur chez le Business Analyst.

La Business Analyse ? C’est du simple bon sens !

L’application de la logique et la prise de décision étayée par des faits peuvent ressembler au bon sens, surtout lorsque l’approche méthodologique et les techniques employées ne sont pas mises en avant auprès des parties prenantes.

Les outils que nous connaissons ainsi que le processus logique que nous appliquons ne sont absolument pas des traits de personnalité : ce sont des compétences professionnelles, affinées et améliorées tout au long de nos nombreuses années de pratique, et, NON, tout le monde ne possède pas ces compétences !

>> Lire aussi: [VIDEO] Les techniques de collecte de l’information (Part 1) et [VIDEO] Les techniques de collecte de l’information (Part 2)

N’importe qui peut prétendre être un Business Analyst

Malheureusement, n’importe qui peut se définir comme Business Analyst ou croire qu’il en a les compétences, à partir du moment où il a déjà animé un atelier ou rédigé un cahier des charges.

En tant que professionnels de l’analyse métier, nous pouvons cependant aider les employeurs à faire la différence entre les vrais Business Analysts et ceux qui n’en ont que le titre. Nous pouvons par exemple adhérer à des organismes professionnels comme l’IIBA® ou le BCS, nous former, nous certifier, échanger avec l’ensemble de la communauté de business analysts – que ce soit sur le net ou lors d’événements en présentiel. Et bien entendu, nous pouvons encourager tous ceux qui n’ont pas fait ces démarches à améliorer leurs compétences.

>> Lire aussi : Quelles certifications pour devenir Business Analyst?

Je suis devenu(e) Business Analyst par hasard

La plupart d’entre nous n’ont pas planifié un plan de carrière pour devenir, un jour, Business Analyst. En réalité, à l’époque où nous réfléchissions à notre avenir professionnel, où nous décidions de nos orientations de vie, du type d’études à suivre, ou encore de l’endroit où nous devrions habiter pour travailler, nous ne savions même pas que le rôle de Business Analyst existait.

Le fait que nous soyons devenus Business Analysts « par hasard » ne signifie pas que nous devrions nous en excuser, ni minimiser à quel point nous aimons exercer ce rôle, ni encore passer sous silence notre niveau d’excellence.

Je ne suis pas un « vrai » Business Analyst

Certains « vrais » Business Analysts ont le sentiment d’être arrivés dans la profession en passant par des chemins de travers, ou encore, d’avoir planifié un chemin différent de celui qu’ils ont finalement suivi. Ces Business Analysts ont souvent fondé leur identité professionnelle sur leur appartenance à un secteur d’activité privilégié, plutôt qu’à leur profession.

Par exemple, il est fréquent de rencontrer des Business Analysts du secteur financier qui, ayant commencé leur carrière au sein d’une banque, pensent que ce sont uniquement leurs connaissances du secteur bancaire qui leur ont permis de réussir en tant que BA. Si vous avez les compétences et les responsabilités d’un Business Analyst, il est peut-être temps de vous autoriser à considérer que c’est cela, votre réelle identité professionnelle.

>> Lire aussiBusiness Analyst: un métier incontournable

Que fait un Business Analyst, au juste ?

Le rôle d’un Business Analyst peut être très différent selon les organisations, et au sein d’une même organisation. Le rôle du BA n’est plus « nouveau », mais il y a encore beaucoup d’ambiguïtés qui demeurent. Avoir constamment à expliquer le rôle du BA peut être fatigant et nous faire nous demander pourquoi il n’est toujours pas universellement compris, connu, reconnu.

Je ne suis pas « technique » !

De nombreux Business Analysts jouent un rôle important dans l’évolution des systèmes d’information des organisations. Ils peuvent se sentir obligés de s’excuser de ne pas avoir de formation technique. Cela peut leur donner l’impression que « n’importe qui peut faire mon travail », juste parce qu’ils n’ont pas de compétences techniques spécifiques, comme c’est le cas des développeurs informatiques par exemple.

Or les compétences que nous possédons sont tout aussi précieuses, et souvent plus rares, dans le secteur technologique.

Le Business Analyst n’est pas utile dans les approches agiles

Certaines organisations et certains individus, malheureusement, sont toujours de cet avis, et les Business Analysts peuvent trouver cela totalement déprimant. Les Business Analysts apportent une plus-value et une contribution quelle que soit l’approche utilisée pour le développement des logiciels, et le noyau de notre discipline est suffisamment solide pour que nous ne nous sentions pas mis à l’écart par d’autres rôles spécialisés, comme l’UX designer, ou le Product Owner.

>> Lire aussi4 étapes pour devenir un vrai Business Analyst agile

Le « métier » a déjà identifié et écrit ses propres exigences

Cette configuration, où les utilisateurs métiers décrivent eux-mêmes leurs propres exigences logicielles, se rencontre lorsque ceux-ci estiment être en mesure de déterminer seuls ce dont ils ont besoin, de le documenter et de le transmettre directement aux développeurs et/ou aux fournisseurs.

Nous savons bien sûr que 9 fois sur 10, cela ne se termine mal, alors, au lieu de nous sentir offensés ou exclus du processus de réflexion, c’est à nous de proposer notre aide pour rétablir la confiance.

Comment surmonter le syndrome de l’imposteur ?

  • Tout d’abord, il nous faut comprendre et accepter que le syndrome de l’imposteur existe non seulement parmi les Business Analysts mais également bien au-delà, car la majorité des gens en font l’expérience à un moment ou à un autre de leur vie.
  • Réfléchissez lesquels de ces facteurs affectent la façon dont vous VOUS voyez et la manière dont vous vous comportez.
  • Parlez-en ! Trouvez quelqu’un en qui vous avez confiance, ou engagez un coach, et discutez de vos ressentis et émotions par rapport à votre rôle et à votre profession.

>> Lire aussi Business Analyst : comment booster votre confiance en vous

Pour conclure

En nous autorisant à croire et en laissant croire à autrui que « la business analyse n’est qu’une simple question de bon sens », nous pouvons nous sentir valorisés en tant qu’individus, mais nous ne pourrons jamais démontrer la valeur de la discipline professionnelle qu’est la business analyse. Cela se produit fréquemment dans les organisations lorsque certains collaborateurs sont plus sollicités que d’autres au sein d’une équipe de Business Analysts.

En effet, dans ce cas, c’est le Business Analyst sollicité qui est valorisé, c’est en lui qu’est placée la confiance, au lieu que celle-ci soit liée à la bonne application de notre discipline.

Nous devons continuer à défendre toutes les activités dont nous savons qu’elles sont indispensables à la réussite des projets, que ceux-ci soient liés aux systèmes d’information ou à n’importe quel besoin de changement.

A chaque fois que nous rencontrons une partie prenante, nous devons la laisser repartir avec une meilleure compréhension de ce qu’est l’analyse métier, et de ce que cette discipline peut lui apporter.

Enfin, nous ne devons pas hésiter à valoriser nos propres compétences, à croire profondément en notre rôle et surtout, à ne pas nous considérer comme des imposteurs…

Christina is an experienced BA leader, has built BA teams ranging in size from 5 to 120 Business Analysts and champions entry level BA roles. She is active in the BA professional community, attending and regularly speaking at events. Christina is an examiner for the International Diploma in Business Analysis and is also a director of the UK BA Manager Forum. She has co-authored the 2019 book, Delivering Business Analysis: The BA Service Handbook, which shares insights and findings from research into Business Analysis, practical guidance for BA leaders and case studies from across the professional community.

Auteure : Christina Lovelock, article original : « Impostor Syndrome : Business Analysis in NOT just Common Sense »

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Alice Svadchii
Alice Svadchii
Auteure du blog et Business Analyst enthousiaste

3 réflexions au sujet de « Le Business Analyst est-il un imposteur ? »

  1. Evidemment que c’est de l’imposture, du moment où n’importe qui peut le faire, surtout à coup de formation accélérées proposées par des imposteurs convaincus qu’ils sont légitimes sous prétexte qu’ils travaillent pour une grande entreprise.

  2. Le syndrôme de « l’importateur » ? C’est moi ou c’est l’imposteur qu’il fallait comprendre ?

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